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Note R Parker

Après 2000, millésime magnifique qui se termine trop rapidement le 19 octobre, entraînant la perte des deux tiers d'une récolte pourtant si prometteuse.
Qu'allons nous vivre cette année ?

Ce n'est que le 15 avril après six mois d'un temps en folie que nous retrouvons des conditions normales. Malgré un petit millerandage constaté sur les sauvignons, la fleur se déroule bien, annonçant une année légèrement précoce. La végétation pendant la période estivale évolue idéalement avec des conditions atmosphériques favorables. Nos ennemis naturels, les champignons (mildiou, oïdium) les insectes (tordeuses, drosophiles) sont en léthargie. Très peu de traitements sont nécessaires, nous bénéficions d'une année naturellement écologique. Cela ressemble à 1945 où malgré la pénurie de produits de traitements (soufre et cuivre) la récolte fut parfaite.

A la veille de la maturité pas d'excès de température, notre climat tempéré, sous influence océanique joue parfaitement son rôle. Ainsi les acides contenus dans les baies ne sont pas consommés et les arômes de fruits restent intacts et puissants.
A la mi-septembre de légères pluies aident au développement de notre indispensable champignon le botrytis Cinerea.

Du 26 septembre au 1er octobre le premier tri est effectué dans un vignoble particulièrement sain. Le reste de la vendange est parfaitement mûr, la pression du Botrytis se fait sentir, la modélisation le confirme, l'explosion est proche.
Mais, surprise! La météo nous annonce d'importantes perturbations.
Allons-nous revivre une fin de saison catastrophique comme en 2000 ?

Ouf !, finalement les précipitations sont très faibles et entraînent des brumes matinales qui ont pour effet de doper l'évolution du Botrytis Cinerea qui envahit les grappes à une rapidité rarement constatée. Le 9 octobre débute le deuxième tri, l'évolution de la concentration est si rapide que les tris se succèdent pratiquement sans interruption.
Les vendangeuses sont surmenées, mais il faut vite aller chercher le raisin car il est à son optimum !
Le 22 octobre, fin des vendanges, le quatrième tri vient de se terminer.


Dans notre chai "douillet" la fermentation se déroule rapidement et nous obtenons un équilibre naturel proche de la perfection. 13,6 degrés d'alcool, 130 grammes de sucre résiduel. La force aromatique est puissante, le fruit croquant est naturellement présent. L'acidité naturelle nécessaire à une bonne structure est importante et va donner une fraîcheur élégante à notre vin dans sa jeunesse et lui offrir une longévité hors du commun.

Nous retrouvons ici l'élégance du 1988, la concentration du 1989 et la complexité du 1990.
La fameuse trilogie réunie dans ce millésime en fait assurément un millésime d'exception.


Pierre et Charles-Henri MESLIER

 * Titre emprunté à Monsieur Didier Ters , Journal Sud-Ouest


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