|
Ce n'est
que le 15 avril après six mois d'un temps en folie que
nous retrouvons des conditions normales. Malgré un petit
millerandage constaté sur les sauvignons, la fleur se
déroule bien, annonçant une année légèrement
précoce. La végétation pendant la période
estivale évolue idéalement avec des conditions
atmosphériques favorables. Nos ennemis naturels, les champignons
(mildiou, oïdium) les insectes (tordeuses, drosophiles)
sont en léthargie. Très peu de traitements sont
nécessaires, nous bénéficions d'une année
naturellement écologique. Cela ressemble à 1945
où malgré la pénurie de produits de traitements
(soufre et cuivre) la récolte fut parfaite.
A la veille
de la maturité pas d'excès de température,
notre climat tempéré, sous influence océanique
joue parfaitement son rôle. Ainsi les acides contenus dans
les baies ne sont pas consommés et les arômes de
fruits restent intacts et puissants.
A la mi-septembre de légères pluies aident au développement
de notre indispensable champignon le botrytis Cinerea.
Du 26
septembre au 1er octobre le premier tri est effectué dans
un vignoble particulièrement sain. Le reste de la vendange
est parfaitement mûr, la pression du Botrytis se fait sentir,
la modélisation le confirme, l'explosion est proche.
Mais, surprise! La météo nous annonce d'importantes
perturbations.
Allons-nous revivre une fin de saison catastrophique comme en
2000 ?
Ouf !,
finalement les précipitations sont très faibles
et entraînent des brumes matinales qui ont pour effet de
doper l'évolution du Botrytis Cinerea qui envahit les
grappes à une rapidité rarement constatée.
Le 9 octobre débute le deuxième tri, l'évolution
de la concentration est si rapide que les tris se succèdent
pratiquement sans interruption.
Les vendangeuses sont surmenées, mais il faut vite aller
chercher le raisin car il est à son optimum !
Le 22 octobre, fin des vendanges, le quatrième
tri vient de se terminer.
Dans notre chai "douillet" la fermentation se
déroule rapidement et nous obtenons un équilibre
naturel proche de la perfection. 13,6 degrés d'alcool,
130 grammes de sucre résiduel. La force aromatique est
puissante, le fruit croquant est naturellement présent.
L'acidité naturelle nécessaire à une bonne
structure est importante et va donner une fraîcheur élégante
à notre vin dans sa jeunesse et lui offrir une longévité
hors du commun.
Nous retrouvons ici l'élégance du 1988, la concentration
du 1989 et la complexité du 1990.
La fameuse trilogie réunie dans ce millésime
en fait assurément un millésime d'exception.
|